L'édito

Edito #98 entente pour eau martin malvy

Martin Malvy, Président du Comité de bassin Adour-Garonne

« L’Entente pour l’eau en Adour-Garonne, une démarche à la dimension des défis  »
Nous le savons : le grand Sud-Ouest est particulièrement vulnérable aux vagues de forte chaleur qui cet été encore, ont entraîné des coupures d’eau potable,  conduisant certaines collectivités du bassin à faire appel à des solutions de substitution.

Des approvisionnements par camions citernes ont ainsi été organisés pour assurer la continuité de l’alimentation en eau pour les hommes et les animaux. Dans plusieurs départements du bassin – notamment la Corrèze, la Haute-Vienne, la Creuse, le Cantal et le Puy-de-Dôme – plus de 60 communes au total ont connu des difficultés d’alimentation en eau potable.

Claudine Simon / AEAG

Ces tensions sont la conséquence ultime d’une situation quasi généralisée sur le bassin Adour-Garonne, qui sera, d’ici à 2050, le territoire de l’hexagone le plus impacté par le dérèglement climatique. L’eau y deviendra un facteur limitant, aussi bien pour les populations que pour le développement économique. Si l’on veut agir, il faut d’abord s’en convaincre.

Aujourd’hui déjà, on estime entre 200 et 250 millions de m³ par an le déséquilibre hydrologique. Il devrait être porté aux alentours de 1,2 milliard de m3 en 2050, si l’élévation de la température se limite à 2 degrés, ce à quoi nombre de scientifiques ne croient plus. A cette échéance, le territoire devrait en outre avoir accueilli une population estimée à 1,5 million d’habitants supplémentaires, si l’on se réfère à des calculs simples sur la progression démographique actuelle.

Dans ce contexte, l’Entente pour l’eau du bassin Adour-Garonne créée en octobre 2018 par le Préfet du bassin, le Président du comité de bassin et les présidents des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, répond à un objectif de coopération dont l’intérêt est manifeste. L’Entente présente son plan d’actions et apporte une première réponse à l’urgence climatique pour contribuer à garantir la ressource qualitative et quantitative sur le bassin et éviter les conflits d’usages. Il n’y a pas de mesure isolée dans le projet qui doit être le nôtre, mais un faisceau d’options à mettre en œuvre.

En déclarant l’eau « grande cause du Sud-Ouest », les acteurs de l’Entente concentrent leurs priorités d’action sur des objectifs communs, déclinés autour d’enjeux différenciés selon les territoires et de stratégies élaborées à différentes échelles. L’ampleur des conséquences du changement climatique sur la ressource en eau impose le déploiement d’interventions à court, moyen et long termes,  qui doivent mobiliser les citoyens et tous les acteurs économiques, socioprofessionnels et associatifs.

Le lancement des premières actions de l’Entente s’inscrit dans cette volonté. Elles visent à renforcer les connaissances pour agir au plus près des enjeux des territoires, accompagner les filières, replacer les enjeux de l’eau au cœur des politiques publiques et mobiliser des ressources complémentaires pour sécuriser l’alimentation en eau.

Après deux réunions cet été et un comité de pilotage début septembre, sous la conduite du préfet coordonnateur de bassin et en présence des Directions de l’Agence, des Régions, de la DRAAF et de la DREAL, l’Entente a fixé sa prochaine réunion au 28 octobre à l’Hôtel de Région à Toulouse. Elle y fera des annonces qui contribueront, je l’espère, à cette sensibilisation indispensable et confirmeront la volonté de construire progressivement mais dès maintenant une politique consensuelle de rupture.

C’est le même objectif que nous poursuivons  avec les deux colloques de cette fin d’année. L’eau et l’urbanisme, qui conduit à repenser l’eau dans la ville, l’eau et la santé pour aborder sereinement un sujet qui pourrait devenir majeur et qui, lui aussi, appelle dès maintenant une sensibilisation à la hauteur des défis.