L'édito

Edito #96

Guillaume Choisy, Directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne

« Face au changement climatique, des assises de l’eau pour anticiper les tensions sur les ressources en eau »
Les chaleurs du mois de juin nous rappellent, si cela était encore nécessaire, la forte sensibilité de la ressource en eau aux effets du changement climatique.

Dans ce contexte, c’est l’ensemble du cycle de l’eau qui se voit impacté par les fortes températures : quantités insuffisantes pour satisfaire l’ensemble des usages au premier rang desquels l’eau potable, dégradation de la qualité en raison de l’augmentation de la température de l’eau et de la moindre dilution des rejets, dégradation de l’état écologique des cours d’eau sous l’effet conjugué des fortes températures et de la diminution des débits.

Consciente de l’accélération de l’impact de ces phénomènes dans un bassin qui sera fortement touché par la diminution des débits des cours d’eau, l’agence de l’eau se mobilise aux côtés des acteurs du territoire du grand Sud-Ouest pour renforcer l’adaptation du bassin Adour-Garonne aux conséquences du changement climatique.

Après avoir élaboré le plan d’adaptation au changement climatique du bassin Adour-Garonne, l’Agence souhaite territorialiser son approche à l’échelle des sous-bassins. L’objectif est d’affiner les projections afin de proposer des stratégies au plus près de la réalité des territoires.

La seconde phase des assises livre ses conclusions en mettant l’accent sur l’enjeu de la préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques face au changement climatique. Les mesures et les actions identifiées placent l’eau au cœur de nos politiques. Les thèmes d’intervention prioritaires concernent le « grand cycle » au sens large. L’objectif affiché est « d’économiser et de mieux partager l’eau » en réduisant de 10% la consommation d’eau en 5 ans, de restaurer 25 000 km de cours d’eau, de mettre en œuvre des projets de territoire sur l’ensemble des rivières déficitaires et de préserver les zones humides, mais également en sécurisant l’eau potable avec l’amplification des aides sur les périmètres de captage.

La panoplie de mesures issues des travaux des assises de l’eau met notamment l’accent sur une tarification incitative pour faire évoluer les consommations et encourager une consommation raisonnée, la valorisation des eaux non conventionnelles et des eaux de pluies. La feuille de route est ambitieuse et va nécessiter la mobilisation de l’ensemble des acteurs, élus, acteurs économiques, citoyens, pour relancer le défi de la préservation qualitative et quantitative de la ressource en eau.