à la une

A la Une#96

Eau, tourisme et développement territorial

La qualité et la richesse du patrimoine en Adour-Garonne sont intimement liées à l’eau. Secteur-clé de l’économie régionale, l’eau et les activités associées (aviron, baignade, canoë-kayak et autres sports nautiques) sont un atout touristique majeur de notre bassin et contribuent à l’attractivité de nos territoires.

Préserver l’eau pour un tourisme durable

Le tourisme est un enjeu majeur pour le grand sud-ouest. En région Occitanie, il représente 10% du PIB et 108 000 emplois, ce qui en fait le deuxième secteur d’activité derrière l’aéronautique. Selon une étude récente du Commissariat général au développement durable, l’intensité touristique (rapport du nombre de lits à la population résidente) est plus élevée que la moyenne nationale dans les espaces protégés et plus de 50% des touristes intègrent la dimension environnementale dans le choix de leur destination.

Le Pont du Saula, à Lafrançaise, en Tarn-et-Garonne.
© Bernard Tauran – AEAG

Lorsqu’elle n’a pas lieu sur l’eau, l’activité touristique, qui génère elle-même des pics de consommation d’eau ou de pollution nécessitant des équipements performants capables de les absorber, est bien souvent dépendante d’une ressource en eau préservée.

La politique menée pour la préservation de l’environnement concerne notamment les eaux de baignade. La Directive européenne de 2006, qui sera révisée en 2020, a imposé des normes exigeantes pour la qualité des eaux de baignade, ce qui a fortement contribué à l’amélioration de la situation. La gestion de l’eau fait partie des critères impératifs pour obtenir le label Pavillon Bleu. Le palmarès 2019 de ce label démontre une nouvelle fois l’engagement durable des collectivités et ports de plaisance pour faire de leur activité touristique une activité respectueuse de l’environnement.

La pêche de loisir partenaire de la protection de l’eau

Le lac marin de Vieux- Boucau, dans les Landes.
© Pierre Barthe – AEAG

Avec 1.53 million d’adhérents en France dont 314 000 en Adour-Garonne, la pêche de loisir joue un rôle prépondérant en matière de connaissance, de protection des milieux aquatiques et de dynamisme des territoires.

L’Agence et l’Union des Fédérations pour la pêche et la protection du milieu aquatique du Bassin Adour-Garonne (UFBAG) ont signé en avril dernier une nouvelle convention de partenariat sur la période du 11e programme 2019-2024. Un accord cadre national 2019-2024 a également été conclu fin juin entre la Fédération nationale pour la Pêche en France, le ministère de la Transition écologique et solidaire, l’AFB et les agences de l’eau, dans le cadre des différentes politiques publiques sur l’eau et la biodiversité ainsi qu’au niveau local, à travers des démarches territoriales de gestion intégrée de l’eau et des milieux aquatiques.

La biodiversité en faveur du tourisme

Un parc national, deux parcs marins, une dizaine de parcs naturels régionaux dont le PNR du Médocde création récente, 300 zones spéciales de conservation du réseau Natura 2000… ces milieux fragiles abritent une biodiversité à la fois variée et précieuse (espèces rares). L’eau y joue un rôle majeur, notamment dans les zones de protection des habitats et des espèces. Les gestionnaires de ces espaces naturels associent protection et valorisation économique des territoires pour favoriser le développement durable.

Le changement climatique : menace ou opportunité pour le tourisme ?

Le tourisme est un facteur de pression sur la ressource en eau, notamment sur la façade atlantique et en montagne, du fait d’une intensité saisonnière et d’une concentration spatiale. La diminution prévisible de la disponibilité de la ressource et son impact sur la qualité de celle-ci ne seront pas sans conséquences sur le tourisme de bien-être comme la thalassothérapie, les sports nautiques et la baignade, et pourront même, dans certains cas, laisser craindre des conflits d’usage. Erosion des plages, vagues de chaleur notamment en ville, risques d’inondation, incendies… le changement climatique pourrait accroître la vulnérabilité des territoires.  Autre conséquence marquante du changement climatique : la baisse attendue de l’enneigement en hiver qui interroge sur la durabilité du tourisme hivernal et pousse à la diversification des activités.

Face à ces risques, toutes les pistes d’adaptation doivent être explorées conformément aux recommandations du Plan d’adaptation au Changement climatique en Adour-Garonne. Il s’agira aussi de repérer les opportunités, bien réelles, que peut créer le changement climatique sur notre bassin, comme l’attractivité de la montagne en été et du littoral en intersaisons. Le Sud-Ouest conserve de très grands atouts, à condition d’adapter l’offre à la demande et à l’évolution des ressources.