l'interview

Interview #95 Paul Carrère, étude Adour 2050

Paul Carrère, vice-Président du Conseil Départemental des Landes, président de l’Institution Adour

« Face au changement climatique, l’ambition d’assurer la pérennité du bassin de l’Adour et des côtiers basques, aussi bien sur les activités socio-économiques que sur la ressource en eau »
L’étude prospective Adour 2050, débutée en 2016 et pilotée par l’Institution Adour avec le soutien de l’Agence, arrive à son terme. Sa 3ème phase, consistant à traduire en actions et mesures concrètes les scénarios les plus souhaitables retenus par le comité de pilotage, va être présentée le 11 juin à Pau, lors d’une réunion publique.

Quels étaient les enjeux de cette étude et le défi posé aux décideurs ?

Institution Adour

Les enjeux de l’étude Adour 2050 étaient de sensibiliser les acteurs du territoire aux impacts du changement climatique et des activités humaines sur la ressource en eau, et de la nécessité d’être pro-actif pour s’adapter aux évolutions, afin de pérenniser les activités socio-économiques tout en préservant la ressource en eau.
Le défi pour les décideurs a été de choisir une trajectoire ambitieuse pour le territoire, de se dédouaner des méthodes et pratiques actuelles pour proposer des alternatives qui ont pour objectif d’assurer la pérennité du bassin de l’Adour et des côtiers basques, aussi bien pour les activités socio-économiques que pour la ressource en eau (quantité, qualité, état des milieux, risque inondation).

Que retenez-vous de la mobilisation importante des acteurs locaux tout au long de la démarche ?

Les acteurs du territoire ont rapidement compris les enjeux de l’étude, et sont restés mobilisés tout au long de la démarche. En effet, au-delà des comités technique et de pilotage, les ateliers de concertation et les réunions publiques ont été des moments clés où les acteurs se sont réunis pour partager leurs points de vue et participer à l’élaboration et au développement de la démarche. Les acteurs de différents secteurs d’activité et de différents secteurs géographiques ont su s’écouter et travailler ensemble pour développer une vision commune de ce que pourrait être le territoire à l’horizon 2050.

De plus, au-delà du cadre de l’étude, de nombreuses structures ont mobilisé l’Institution Adour pour participer à des réunions ou conférences afin d’informer et de sensibiliser leurs équipes ou leurs instances sur l’avancée de la démarche.

Quelles vont être les suites à donner à l’étude par rapport au scénario retenu, à l’échelle du territoire ?

Les deux scénarios ayant été choisis comme étant les plus souhaitables par les membres du comité de pilotage en fin de phase 2 ont été déclinés au cours de la troisième phase d’étude en actions d’adaptation. Plus d’une centaine de mesures sont ainsi proposées, regroupées autour de 7 orientations stratégiques. Les résultats de cette dernière phase de l’étude seront présentés le mardi 11 juin prochain, à Pau, lors d’une réunion publique.

L’Institution Adour va poursuivre la démarche au-delà des conclusions de l’étude, pour continuer son travail de sensibilisation et accompagner les porteurs de projets dans leur volonté d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans leurs politiques d’avenir.

Les différents porteurs de projets vont devoir se saisir des actions d’adaptation proposées dans l’étude Adour 2050 afin de les intégrer dans leurs documents opérationnels et les politiques d’évolution de leurs territoires. Il est nécessaire que tout le territoire s’en empare, à différentes échelles d’action, afin que les efforts soient communs et efficaces.