l'interview

Interview #80

Françoise Goulard, experte en recherche et prospective à l’agence de l’eau Adour-Garonne

AEAG

« Sensibiliser et agir en priorité là où les problèmes vont être les plus prégnants »
Pour faire face à l’urgence climatique, le comité de bassin a lancé en 2016 l’élaboration d’un Plan d’Adaptation au Changement Climatique en Adour-Garonne (PACC). Il porte une vision à l’horizon 2050, pour réduire la dépendance à l’eau dans le bassin et renforcer la capacité des territoires à anticiper les perturbations et à en minimiser les effets.

1/ Pourquoi un PACC en Adour-Garonne ?

 Après la COP21 en 2015 – qui a imposé la question de l’eau dans les débats sur l’adaptation au changement climatique – le comité de bassin a souhaité décliner un plan d’adaptation en Adour-Garonne et l’a inscrit dans le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux 2016-2021. L’étude Garonne 2050, menée entre 2010 et 2013, a aussi fait prendre conscience de la nécessité, pour notre territoire, de s’adapter aux effets du changement climatique.

Il y a urgence. Si nous ne changeons rien, le bassin sera très impacté : ressource moins abondante et plus variable, dégradation de la qualité de l’eau, biodiversité fragilisée, événements extrêmes plus fréquents, risque accru de submersion marine et d’érosion côtière…

2 / Comment et avec qui est construit ce plan ?

Un groupe de travail rassemble des membres du comité de bassin, des experts du conseil scientifique, des membres des services de l’Etat (DREAL, ARS, DRAAF) ou encore des Régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine. En réunissant autour de la table ces acteurs aux sensibilités diverses, le plan se veut co-construit. Ce groupe oriente les travaux d’élaboration du PACC et a notamment défini la vulnérabilité des territoires du bassin (disponibilité de la ressource, risque d’eutrophisation, de sécheresse…). Ce travail permettra de proposer collectivement un catalogue de mesures selon le degré d’urgence et le niveau de réponse à engager, pour inciter les acteurs locaux à l’action.

3 / Où en sommes–nous aujourd’hui ?

Après un état des connaissances sur les impacts du changement climatique dans le bassin, nous venons de terminer la seconde étape par une mise en débat des cartes de vulnérabilités des territoires dans les forums locaux de l’eau, organisés à l’automne. Ce diagnostic de vulnérabilité révèle par exemple qu’il faudra agir en priorité dans les territoires Tarn-Aveyron et Charente. Pour autant, tous les territoires du bassin sont plus ou moins vulnérables sur un enjeu ou sur un autre…

Une première version du catalogue de mesures, la troisième étape, sera discutée lors des forums de l’eau au printemps 2018 et la version finale du PACC sera soumise au comité de bassin pour adoption en juillet 2018. Nous avons déjà décliné les deux objectifs stratégiques (réduire notre dépendance à l’eau et renforcer la résilience) en quatre axes de gestion : encourager à moins polluer, à moins consommer, à mieux prélever dans le temps et dans l’espace.

L’adaptation au changement climatique interroge aussi la gouvernance : il s’agira donc demain de sensibiliser fortement les institutions et la société toute entière…

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